<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	
	>
<channel>
	<title>
	Commentaires sur : La psychothérapie aggrave-t-elle les problèmes?	</title>
	<atom:link href="https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/</link>
	<description>Stephen Vasey</description>
	<lastBuildDate>Fri, 28 Jul 2023 09:16:06 +0000</lastBuildDate>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>
	<item>
		<title>
		Par : Thomas Noyer		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-163</link>

		<dc:creator><![CDATA[Thomas Noyer]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Aug 2019 08:59:27 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/breves-de-psys/?p=210#comment-163</guid>

					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-162&quot;&gt;NormanB&lt;/a&gt;.

Je n&#039;ai malheureusement pas accès à l&#039;article que vous citez, ni n&#039;ai pu trouver l&#039;histoire via internet.
En Suisse, un médecin a des pouvoirs qu&#039;un psychologue n&#039;a pas (des connaissances pharmaceutiques et la possibilité de prescrire des médicaments par exemple). Il est du devoir du psychologue de déléguer à un médecin si ce qui doit être fait dépasse son pouvoir. Parfois c&#039;est difficile à juger, surtout si le psychologue n&#039;a pas d&#039;expérience en milieu médical (ce qui en Suisse fait partie de la formation de psychologue-psychothérapeute - 2 ans dans une institution médico-sociale). Il m&#039;est arrivé d&#039;hospitaliser depuis mon cabinet privé par exemple, mais c&#039;est un geste qui n&#039;a pas toujours le soutien du réseau, car il n&#039;est pas encore dans les moeurs. Ca risque peut-être de changer si les psychologues sont admis dans un modèle de prescription.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-162">NormanB</a>.</p>
<p>Je n&rsquo;ai malheureusement pas accès à l&rsquo;article que vous citez, ni n&rsquo;ai pu trouver l&rsquo;histoire via internet.<br />
En Suisse, un médecin a des pouvoirs qu&rsquo;un psychologue n&rsquo;a pas (des connaissances pharmaceutiques et la possibilité de prescrire des médicaments par exemple). Il est du devoir du psychologue de déléguer à un médecin si ce qui doit être fait dépasse son pouvoir. Parfois c&rsquo;est difficile à juger, surtout si le psychologue n&rsquo;a pas d&rsquo;expérience en milieu médical (ce qui en Suisse fait partie de la formation de psychologue-psychothérapeute &#8211; 2 ans dans une institution médico-sociale). Il m&rsquo;est arrivé d&rsquo;hospitaliser depuis mon cabinet privé par exemple, mais c&rsquo;est un geste qui n&rsquo;a pas toujours le soutien du réseau, car il n&rsquo;est pas encore dans les moeurs. Ca risque peut-être de changer si les psychologues sont admis dans un modèle de prescription.</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : NormanB		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-162</link>

		<dc:creator><![CDATA[NormanB]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Aug 2019 11:50:47 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/breves-de-psys/?p=210#comment-162</guid>

					<description><![CDATA[Que répondez-vous à ceux qui disent que si le médecin de Habte A. avait adressé son patient à un médecin psychiatre et non pas à un simple psychologue, le drame aurait été évité ?

&quot;war bereits vor mehreren Monaten von seinem Hausarzt an einen Psychologen überwiesen worden. &quot;
https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/habte-a-fuehlte-sich-von-zugpassagieren-verfolgt/story/30369912

Et qu&#039;il faut donc urgemment revenir en arrière sur le projet du Conseil fédéral d&#039;émanciper les psychologues des médecins psychiatres... ?? car ce ne sont pas des médecins et qu&#039;ils ne sont dès lors pas en mesure de traiter des maladies... (juste à faire de l&#039;accompagnement psychosocial)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que répondez-vous à ceux qui disent que si le médecin de Habte A. avait adressé son patient à un médecin psychiatre et non pas à un simple psychologue, le drame aurait été évité ?</p>
<p>« war bereits vor mehreren Monaten von seinem Hausarzt an einen Psychologen überwiesen worden.  »<br />
<a href="https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/habte-a-fuehlte-sich-von-zugpassagieren-verfolgt/story/30369912" rel="nofollow ugc">https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/habte-a-fuehlte-sich-von-zugpassagieren-verfolgt/story/30369912</a></p>
<p>Et qu&rsquo;il faut donc urgemment revenir en arrière sur le projet du Conseil fédéral d&rsquo;émanciper les psychologues des médecins psychiatres&#8230; ?? car ce ne sont pas des médecins et qu&rsquo;ils ne sont dès lors pas en mesure de traiter des maladies&#8230; (juste à faire de l&rsquo;accompagnement psychosocial)</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Dominic		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-161</link>

		<dc:creator><![CDATA[Dominic]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Jun 2019 18:42:58 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/breves-de-psys/?p=210#comment-161</guid>

					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-160&quot;&gt;Thomas Noyer&lt;/a&gt;.

Merci d’avoir parlé de vous. J’aurais envie de dire : « Ah vous avez un beau métier… » Simplement parce que dans la majorité des autres professions, le succès personnel dépend pas mal de la faculté à savoir se servir des autres. Entre les échecs et les succès, vous restez vrai, ne trichez jamais personne, et cela vous permet de vivre, je trouve cela idéal !

Après avoir pris beaucoup de place dans cette colonne, me permettez-vous d’ajouter une brève touche optimiste, cette fois-ci dans le contexte des relations de couple, pour avoir envie de sourire un peu, sans plus ! J’avais dans le temps souvent des personnes très jeunes qui venaient me trouver après des chagrins, et finalement je m’étais dit : « Tiens, pourquoi est-ce que je ne proposerais pas par petites annonces un service pour me faire un peu des sous, mais loin de mon quartier d’habitation » : « Comment rompre ? » (Internet, les blogs, les réseaux sociaux n’existaient pas). J’avais eu pas mal d’appels, des rencontres au café, mais pas pour rompre : « Comment lui dire que je l’aime ?.. » C’était une drôle de surprise, et là j’avais pensé : « Mais oui, il n’y a pas que des jeunes filles qui pleurent, mais aussi des garçons qui veulent être heureux ! Pourquoi est-ce que je n’y avais pas songé ?.. » Mais pour les sous que je voulais mettre dans mon porte-monnaie, hem… Je me sentais quand même coupable de ponctionner l’argent de poche. Un café offert, et parfois un écho heureux que je trouvais dans ma boîte aux lettres, en quelques mots sur une carte postale, valaient plus que dix francs ! Des bons souvenirs qui me reviennent, et qui prennent une place plus grande que les souvenirs de mon « vrai travail » à l’association à but social, avant que je me décide à prendre ma retraite quand mon directeur avait déclaré : « Dominic, mets-toi dans la tête que nous devons être rentables, nous voulons exister, nous ne faisons plus du social ! »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-160">Thomas Noyer</a>.</p>
<p>Merci d’avoir parlé de vous. J’aurais envie de dire : « Ah vous avez un beau métier… » Simplement parce que dans la majorité des autres professions, le succès personnel dépend pas mal de la faculté à savoir se servir des autres. Entre les échecs et les succès, vous restez vrai, ne trichez jamais personne, et cela vous permet de vivre, je trouve cela idéal !</p>
<p>Après avoir pris beaucoup de place dans cette colonne, me permettez-vous d’ajouter une brève touche optimiste, cette fois-ci dans le contexte des relations de couple, pour avoir envie de sourire un peu, sans plus ! J’avais dans le temps souvent des personnes très jeunes qui venaient me trouver après des chagrins, et finalement je m’étais dit : « Tiens, pourquoi est-ce que je ne proposerais pas par petites annonces un service pour me faire un peu des sous, mais loin de mon quartier d’habitation » : « Comment rompre ? » (Internet, les blogs, les réseaux sociaux n’existaient pas). J’avais eu pas mal d’appels, des rencontres au café, mais pas pour rompre : « Comment lui dire que je l’aime ?.. » C’était une drôle de surprise, et là j’avais pensé : « Mais oui, il n’y a pas que des jeunes filles qui pleurent, mais aussi des garçons qui veulent être heureux ! Pourquoi est-ce que je n’y avais pas songé ?.. » Mais pour les sous que je voulais mettre dans mon porte-monnaie, hem… Je me sentais quand même coupable de ponctionner l’argent de poche. Un café offert, et parfois un écho heureux que je trouvais dans ma boîte aux lettres, en quelques mots sur une carte postale, valaient plus que dix francs ! Des bons souvenirs qui me reviennent, et qui prennent une place plus grande que les souvenirs de mon « vrai travail » à l’association à but social, avant que je me décide à prendre ma retraite quand mon directeur avait déclaré : « Dominic, mets-toi dans la tête que nous devons être rentables, nous voulons exister, nous ne faisons plus du social ! »</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Thomas Noyer		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-160</link>

		<dc:creator><![CDATA[Thomas Noyer]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Jun 2019 06:16:10 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/breves-de-psys/?p=210#comment-160</guid>

					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-159&quot;&gt;Dominic&lt;/a&gt;.

Quelle belle histoire, je la trouve touchante, vraie... merci pour ce partage.
Nous avions comme consigne une demi-page, ce qui oblige à la concision, mais votre remarque est tout à fait pertinente. Il est clair que notre métier nous transforme, nous rendant parfois aigris, désillusionnés. En ce qui me concerne j&#039;ai encore gardé un espoir très vivant en l&#039;humain, que j&#039;aime profondément, ainsi que mon métier. Par rapport au sujet, j&#039;ai traversé des moments très difficiles de prises de conscience, qui m&#039;ont ébranlé fortement et remis en question beaucoup de pans de ma vie. Mais je dirais que je suis plus heureux à présent. Comme je l&#039;écris dans ma contribution, être conscient est parfois confrontant et c&#039;est peut-être le prix pour un mieux-être.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-159">Dominic</a>.</p>
<p>Quelle belle histoire, je la trouve touchante, vraie&#8230; merci pour ce partage.<br />
Nous avions comme consigne une demi-page, ce qui oblige à la concision, mais votre remarque est tout à fait pertinente. Il est clair que notre métier nous transforme, nous rendant parfois aigris, désillusionnés. En ce qui me concerne j&rsquo;ai encore gardé un espoir très vivant en l&rsquo;humain, que j&rsquo;aime profondément, ainsi que mon métier. Par rapport au sujet, j&rsquo;ai traversé des moments très difficiles de prises de conscience, qui m&rsquo;ont ébranlé fortement et remis en question beaucoup de pans de ma vie. Mais je dirais que je suis plus heureux à présent. Comme je l&rsquo;écris dans ma contribution, être conscient est parfois confrontant et c&rsquo;est peut-être le prix pour un mieux-être.</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Dominic		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/breves-de-psy/psychotherapie-aggrave-problemes/#comment-159</link>

		<dc:creator><![CDATA[Dominic]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Jun 2019 03:20:03 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/breves-de-psys/?p=210#comment-159</guid>

					<description><![CDATA[Et ce que vit le psychothérapeute ?.. Je ne parle pas de ce qu’il éprouve lors de l’entretien, mais simplement de son sentiment quand il a un moment à lui en rentrant de son travail, comme : « C’est mon métier, je l’ai choisi, j’en suis satisfait, oui… Mais aucun métier n’est certainement un rêve, et pour celui-ci il ne faudrait surtout pas le vouloir !.. » 

Métier ingrat ? Ingrat en rapport de quelle attente ? Et à ce sujet je souhaite citer le psychiatre chez qui j’avais fait une psychothérapie « jeunesse » dans les années soixante-dix. Au dernier rendez-vous il m’avait posé une question dont je ne parviens pas à me souvenir en paroles, mais qui pouvait être quelque chose comme : « Et alors ? Maintenant… Qu’avez-vous à me dire avant de partir, hors de mon bureau, pour aller dans la vie qui est devant vous ?.. » Ma réponse : « Eh bien, je me sens vraiment beaucoup mieux au départ qu’à l’arrivée, plus solide, prêt à vivre, c’est sûr… Mais je n’ai pas eu le rêve que je souhaitais. C’est comme la blague de mauvais goût du fauteuil roulant à Lourdes, vous connaissez… » Lui : « Non, je ne vois pas… » Moi : « C’est le paralysé qui est plongé avec sa chaise dans la piscine, et quand il en ressort… Le miracle est arrivé !.. La chaise a des pneus neufs ».  Lui : « Ahahaha ! Je ne la connaissais pas, c’est tellement vrai ! » 

J’avais bien apprécié qu’il me demande, pour cette dernière rencontre, mes sentiments intérieurs… Mais et lui ? Je voulais aussi lui serrer la main un peu de cette manière : « Vous m’avez bien aidé, je le pense sincèrement, même si ce ne sont que des pneus neufs. Je ne vous oublierai pas ». Lui : « Oh… Vous savez, j’ai eu tant de patients qui m’ont remercié, mais c’était finalement mieux pour eux qu’ensuite ils m’oublient. J’avais un boucher qui m’avait déclaré : « Docteur, je vais de mieux en mieux, c’est grâce à vous. Quand je serai guéri entièrement, je vous enverrai un bon et beau jambon que je choisirai moi-même ! » Le boucher avait guéri, mais je n’ai jamais reçu le jambon… » Cette histoire était triste ! J’avais dit au psychiatre : « Eh bien moi je ne suis pas comme ça, si je dis que je ne vous oublierai pas, c’est que ce sera vrai… » 

Après deux ou trois ans, j’avais repensé à ce dernier rendez-vous, et lui avais envoyé un petit colis avec un salami au poivre de la Gruyère, un couteau, et une planchette, avec quelques mots : « Je me souviens que vous m’aviez dit une fois adorer cette marque de salami au poivre, et c’est vrai que c’est délicieux, j’en ai acheté un aussi pour moi ». Depuis cet envoi, je lui envoyais une lettre en moyenne tous les trois ans, et recevais chaque fois une réponse sympathique. Comme il aimait dessiner et moi aussi, chacun envoyait avec le message un dessin surprise issu de son imagination (sans légende ni titre, parce que le dessin devait tout dire !)

Pour l’avant-dernière lettre, 30 ans après le dernier rendez-vous, il avait déjà 84 ans. Mon message avait été : « Je me souviens quand vous me disiez que le monde devient triste, à cause du commerce qui s’immisce de plus en plus dans notre vie affective et sexuelle. Trente ans après c’est dix fois plus… Cela me rend triste, et pour vous ? Pouvez-vous me dire quelque chose ? » Sa lettre de réponse : « Cher Dominic, vous vous souvenez certainement qu’à cette époque je ne croyais déjà à pas grand-chose, aujourd’hui je ne crois plus à rien… » Mais il m’avait quand même envoyé un dessin de bel avion futuriste des années soixante qu’il avait créé dans le présent, en retour de ma voiturette à trois roues qui voyageait dans le temps de la même manière.

La dernière lettre envoyée, c’était celle où je lui avais dit simplement, sans autres paroles : « Je me souviens de vous… » Il m’avait répondu avec un petit dessin, son autoportrait… C’était bien lui ! Mais malgré tout mes efforts, j’étais incapable de donner un âge à ce visage. L’âge dans le souvenir ? Ou l’âge réel ? Le dessin ne pouvait pas, ne voulait pas me le dire !.. Le psychiatre qui se disait « pessimiste avec espoir », qui m’avait si bien aidé, est mort à 88 ans, une année après le dessin sans âge…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et ce que vit le psychothérapeute ?.. Je ne parle pas de ce qu’il éprouve lors de l’entretien, mais simplement de son sentiment quand il a un moment à lui en rentrant de son travail, comme : « C’est mon métier, je l’ai choisi, j’en suis satisfait, oui… Mais aucun métier n’est certainement un rêve, et pour celui-ci il ne faudrait surtout pas le vouloir !.. » </p>
<p>Métier ingrat ? Ingrat en rapport de quelle attente ? Et à ce sujet je souhaite citer le psychiatre chez qui j’avais fait une psychothérapie « jeunesse » dans les années soixante-dix. Au dernier rendez-vous il m’avait posé une question dont je ne parviens pas à me souvenir en paroles, mais qui pouvait être quelque chose comme : « Et alors ? Maintenant… Qu’avez-vous à me dire avant de partir, hors de mon bureau, pour aller dans la vie qui est devant vous ?.. » Ma réponse : « Eh bien, je me sens vraiment beaucoup mieux au départ qu’à l’arrivée, plus solide, prêt à vivre, c’est sûr… Mais je n’ai pas eu le rêve que je souhaitais. C’est comme la blague de mauvais goût du fauteuil roulant à Lourdes, vous connaissez… » Lui : « Non, je ne vois pas… » Moi : « C’est le paralysé qui est plongé avec sa chaise dans la piscine, et quand il en ressort… Le miracle est arrivé !.. La chaise a des pneus neufs ».  Lui : « Ahahaha ! Je ne la connaissais pas, c’est tellement vrai ! » </p>
<p>J’avais bien apprécié qu’il me demande, pour cette dernière rencontre, mes sentiments intérieurs… Mais et lui ? Je voulais aussi lui serrer la main un peu de cette manière : « Vous m’avez bien aidé, je le pense sincèrement, même si ce ne sont que des pneus neufs. Je ne vous oublierai pas ». Lui : « Oh… Vous savez, j’ai eu tant de patients qui m’ont remercié, mais c’était finalement mieux pour eux qu’ensuite ils m’oublient. J’avais un boucher qui m’avait déclaré : « Docteur, je vais de mieux en mieux, c’est grâce à vous. Quand je serai guéri entièrement, je vous enverrai un bon et beau jambon que je choisirai moi-même ! » Le boucher avait guéri, mais je n’ai jamais reçu le jambon… » Cette histoire était triste ! J’avais dit au psychiatre : « Eh bien moi je ne suis pas comme ça, si je dis que je ne vous oublierai pas, c’est que ce sera vrai… » </p>
<p>Après deux ou trois ans, j’avais repensé à ce dernier rendez-vous, et lui avais envoyé un petit colis avec un salami au poivre de la Gruyère, un couteau, et une planchette, avec quelques mots : « Je me souviens que vous m’aviez dit une fois adorer cette marque de salami au poivre, et c’est vrai que c’est délicieux, j’en ai acheté un aussi pour moi ». Depuis cet envoi, je lui envoyais une lettre en moyenne tous les trois ans, et recevais chaque fois une réponse sympathique. Comme il aimait dessiner et moi aussi, chacun envoyait avec le message un dessin surprise issu de son imagination (sans légende ni titre, parce que le dessin devait tout dire !)</p>
<p>Pour l’avant-dernière lettre, 30 ans après le dernier rendez-vous, il avait déjà 84 ans. Mon message avait été : « Je me souviens quand vous me disiez que le monde devient triste, à cause du commerce qui s’immisce de plus en plus dans notre vie affective et sexuelle. Trente ans après c’est dix fois plus… Cela me rend triste, et pour vous ? Pouvez-vous me dire quelque chose ? » Sa lettre de réponse : « Cher Dominic, vous vous souvenez certainement qu’à cette époque je ne croyais déjà à pas grand-chose, aujourd’hui je ne crois plus à rien… » Mais il m’avait quand même envoyé un dessin de bel avion futuriste des années soixante qu’il avait créé dans le présent, en retour de ma voiturette à trois roues qui voyageait dans le temps de la même manière.</p>
<p>La dernière lettre envoyée, c’était celle où je lui avais dit simplement, sans autres paroles : « Je me souviens de vous… » Il m’avait répondu avec un petit dessin, son autoportrait… C’était bien lui ! Mais malgré tout mes efforts, j’étais incapable de donner un âge à ce visage. L’âge dans le souvenir ? Ou l’âge réel ? Le dessin ne pouvait pas, ne voulait pas me le dire !.. Le psychiatre qui se disait « pessimiste avec espoir », qui m’avait si bien aidé, est mort à 88 ans, une année après le dessin sans âge…</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
	</channel>
</rss>
