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	Commentaires sur : La recherche névrotique du pouvoir chez les hommes	</title>
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	<description>Stephen Vasey</description>
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		<title>
		Par : Stephen Vasey		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-81</link>

		<dc:creator><![CDATA[Stephen Vasey]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Oct 2019 20:48:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-80&quot;&gt;eléa&lt;/a&gt;.

Merci bcp Eléa, pour ce commentaire inspirant. 
Vu comme vous le présentez, je vous rejoins complétement!
Le terme &quot;pouvoir&quot; est d&#039;ailleurs un terme fourre-tout mais comme vous l&#039;utilisez, il en devient noble.
Le pouvoir au service de rassurer une partie névrotique de soi, c&#039;est une autre histoire, et je tenais à l&#039;exposer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-80">eléa</a>.</p>
<p>Merci bcp Eléa, pour ce commentaire inspirant.<br />
Vu comme vous le présentez, je vous rejoins complétement!<br />
Le terme « pouvoir » est d&rsquo;ailleurs un terme fourre-tout mais comme vous l&rsquo;utilisez, il en devient noble.<br />
Le pouvoir au service de rassurer une partie névrotique de soi, c&rsquo;est une autre histoire, et je tenais à l&rsquo;exposer.</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
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		<title>
		Par : eléa		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-80</link>

		<dc:creator><![CDATA[eléa]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Oct 2019 16:48:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[J&#039;ai toujours cultivé le pouvoir comme anti-pouvoir, comme capacité de résistance à l&#039;oppression, pour conquérir la liberté d&#039;aimer. Pour moi, l&#039;alternative n&#039;a jamais été le pouvoir OU l&#039;amour mais &quot;le pouvoir et l&#039;amour&quot;  OU &quot;la servitude et la violence&quot;. J&#039;ai choisi le pouvoir pour priver ceux qui en abusent de se servir de moi comme combustible destiné à alimenter le feu dévorant de leurs ambitions.  Ne serait-ce que pour les priver de mon énergie afin de ne pas faire l&#039;erreur de les renforcer. La récompense de ce choix du pouvoir comme contre-pouvoir, c&#039;est de préserver son intégrité et sa liberté pour garder la capacité de se livrer à un amour inconditionnel avec un total abandon. 

De fait, j&#039;observe que, plus je suis dans le pouvoir, plus je suis dans le partage et la créativité, et plus ceux avec lesquels je partage deviennent à leur tour libres, créatifs et généreux. Se trouver pris dans cette spirale inattendue fait contacter une puissance d&#039;amour englobante avec la conscience d&#039;en être un instrument consentant. C&#039;est se trouver pris dans le mystère d&#039;une incarnation qui rend très intense le sentiment d&#039;exister. C&#039;est très gratifiant et pleinement satisfaisant. 

Donc à la question du choix entre pouvoir ou amour, je répondrai que l&#039;un ne va pas sans l&#039;autre car l&#039;amour est indissociable de la liberté comme la liberté est indissociable du pouvoir. 
Autrement dit, le pouvoir sans amour , c&#039;est l&#039;enfer, et le pouvoir lié à l&#039;amour, c&#039;est le paradis. Donc il me semble que la question n&#039;est pas de choisir entre les deux, mais bien de tout faire pour développer les deux en les liant absolument : pouvoir ET amour. Étant bien entendu que, ce faisant, ce n&#039;est pas MON pouvoir que je cultive, mais celui d&#039;une puissance hautement bénéfique par l&#039;amour qu&#039;elle m&#039;inspire et dont je suis l&#039;incarnation temporaire à cet instant de mon existence où je peux lui trouver un sens.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai toujours cultivé le pouvoir comme anti-pouvoir, comme capacité de résistance à l&rsquo;oppression, pour conquérir la liberté d&rsquo;aimer. Pour moi, l&rsquo;alternative n&rsquo;a jamais été le pouvoir OU l&rsquo;amour mais « le pouvoir et l&rsquo;amour »  OU « la servitude et la violence ». J&rsquo;ai choisi le pouvoir pour priver ceux qui en abusent de se servir de moi comme combustible destiné à alimenter le feu dévorant de leurs ambitions.  Ne serait-ce que pour les priver de mon énergie afin de ne pas faire l&rsquo;erreur de les renforcer. La récompense de ce choix du pouvoir comme contre-pouvoir, c&rsquo;est de préserver son intégrité et sa liberté pour garder la capacité de se livrer à un amour inconditionnel avec un total abandon. </p>
<p>De fait, j&rsquo;observe que, plus je suis dans le pouvoir, plus je suis dans le partage et la créativité, et plus ceux avec lesquels je partage deviennent à leur tour libres, créatifs et généreux. Se trouver pris dans cette spirale inattendue fait contacter une puissance d&rsquo;amour englobante avec la conscience d&rsquo;en être un instrument consentant. C&rsquo;est se trouver pris dans le mystère d&rsquo;une incarnation qui rend très intense le sentiment d&rsquo;exister. C&rsquo;est très gratifiant et pleinement satisfaisant. </p>
<p>Donc à la question du choix entre pouvoir ou amour, je répondrai que l&rsquo;un ne va pas sans l&rsquo;autre car l&rsquo;amour est indissociable de la liberté comme la liberté est indissociable du pouvoir.<br />
Autrement dit, le pouvoir sans amour , c&rsquo;est l&rsquo;enfer, et le pouvoir lié à l&rsquo;amour, c&rsquo;est le paradis. Donc il me semble que la question n&rsquo;est pas de choisir entre les deux, mais bien de tout faire pour développer les deux en les liant absolument : pouvoir ET amour. Étant bien entendu que, ce faisant, ce n&rsquo;est pas MON pouvoir que je cultive, mais celui d&rsquo;une puissance hautement bénéfique par l&rsquo;amour qu&rsquo;elle m&rsquo;inspire et dont je suis l&rsquo;incarnation temporaire à cet instant de mon existence où je peux lui trouver un sens.</p>
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		<title>
		Par : Stephen Vasey		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-79</link>

		<dc:creator><![CDATA[Stephen Vasey]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2019 14:21:13 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/stephen-vasey/?p=164#comment-79</guid>

					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-78&quot;&gt;Aude Bertoli&lt;/a&gt;.

Merci bcp Aude pour votre commentaire. Plein de compassion pour notre besoin de reconnaissance et nos failles. 
Et un petit coup de projecteur pour aussi ouvrir nos yeux. Je trouve le sujet passionnant et plein de promesses. 
Il y a de la vie hors de nos failles...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-78">Aude Bertoli</a>.</p>
<p>Merci bcp Aude pour votre commentaire. Plein de compassion pour notre besoin de reconnaissance et nos failles.<br />
Et un petit coup de projecteur pour aussi ouvrir nos yeux. Je trouve le sujet passionnant et plein de promesses.<br />
Il y a de la vie hors de nos failles&#8230;</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Aude Bertoli		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-78</link>

		<dc:creator><![CDATA[Aude Bertoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2019 08:42:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Merci pour cet article très intéressant, qui touche selon moi à quelque chose qui traverse toutes les époques et toutes les générations: le besoin de se sentir exister et d&#039;être reconnu par ses semblables. Plus la faille narcissique est profonde, plus la recherche de pouvoir/succès sera conséquente, avec les dérives que l&#039;on sait.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour cet article très intéressant, qui touche selon moi à quelque chose qui traverse toutes les époques et toutes les générations: le besoin de se sentir exister et d&rsquo;être reconnu par ses semblables. Plus la faille narcissique est profonde, plus la recherche de pouvoir/succès sera conséquente, avec les dérives que l&rsquo;on sait.</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Dominic		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-77</link>

		<dc:creator><![CDATA[Dominic]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Oct 2019 14:49:20 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/stephen-vasey/?p=164#comment-77</guid>

					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-76&quot;&gt;Marrant&lt;/a&gt;.

Le raz de marée de plaisir est possible avant de s’y noyer, comme rire après avoir trop pleuré, puis…

Extrait de « Les Valseuses », Bertrand Blier (Les paroles ne sont pas celles du film mais les donnent dans le même sens, j’ai vu le film il y a quarante-cinq ans…) :

Les deux copains attendent dans leur voiture, sous la pluie, devant la maison de la prison, son entrée (ou sortie) et son long mur gris : « Hé c’est qui celle-là ? On l’emmène ?.. »

Les trois sur le lit défait, rires, souffles, gémissements…

La lumière du matin tombe sur le lit : « Oh… Ne la réveille pas, on va aller chercher des croissants ! »

À leur retour : La femme est dans une grande tache de sang, le pistolet à proximité de sa main, et une feuille à côté : « Merci les amis pour ce si fort bonheur ! »

Les deux amis : « Oh merde !.. »

La femme : « … »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-76">Marrant</a>.</p>
<p>Le raz de marée de plaisir est possible avant de s’y noyer, comme rire après avoir trop pleuré, puis…</p>
<p>Extrait de « Les Valseuses », Bertrand Blier (Les paroles ne sont pas celles du film mais les donnent dans le même sens, j’ai vu le film il y a quarante-cinq ans…) :</p>
<p>Les deux copains attendent dans leur voiture, sous la pluie, devant la maison de la prison, son entrée (ou sortie) et son long mur gris : « Hé c’est qui celle-là ? On l’emmène ?.. »</p>
<p>Les trois sur le lit défait, rires, souffles, gémissements…</p>
<p>La lumière du matin tombe sur le lit : « Oh… Ne la réveille pas, on va aller chercher des croissants ! »</p>
<p>À leur retour : La femme est dans une grande tache de sang, le pistolet à proximité de sa main, et une feuille à côté : « Merci les amis pour ce si fort bonheur ! »</p>
<p>Les deux amis : « Oh merde !.. »</p>
<p>La femme : « … »</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Marrant		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-76</link>

		<dc:creator><![CDATA[Marrant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Oct 2019 07:52:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-74&quot;&gt;Dominic&lt;/a&gt;.

Les Viking au temps de leur expansion avaient une devise : mieux vaut fuir que mal se battre. Ce comportement apaisant serait-il le fin fond de l’art de vivre heureux? Dominik acceptant l’impossible bouffe?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-74">Dominic</a>.</p>
<p>Les Viking au temps de leur expansion avaient une devise : mieux vaut fuir que mal se battre. Ce comportement apaisant serait-il le fin fond de l’art de vivre heureux? Dominik acceptant l’impossible bouffe?</p>
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			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Stephen Vasey		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-75</link>

		<dc:creator><![CDATA[Stephen Vasey]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Oct 2019 06:59:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-74&quot;&gt;Dominic&lt;/a&gt;.

Magnific, Dominic! Merci, vos histoires me touchent et inspirent...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-74">Dominic</a>.</p>
<p>Magnific, Dominic! Merci, vos histoires me touchent et inspirent&#8230;</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Dominic		</title>
		<link>https://therapie-de-couple.ch/blog/chantier-du-couple/la-recherche-nevrotique-du-pouvoir-chez-les-hommes/#comment-74</link>

		<dc:creator><![CDATA[Dominic]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Oct 2019 23:46:48 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://blogs.letemps.ch/stephen-vasey/?p=164#comment-74</guid>

					<description><![CDATA[Un pouvoir tout simple, qui se confirme quand on peut penser sans se tromper : « Oui c’est possible, sans problème… » Ce pouvoir acquis n’est peut-être pas exercé assez souvent pour « remplir sa vie de satisfactions accessibles ». Là je ne parle pas du pouvoir du président africain nommé à vie, ni du père de famille qui a fait pleurer tout le monde, et dont la voix résonne encore de longues années après son enterrement : « J’ai tout fait pour vous ! Sans moi vous ne seriez rien !.. » Réponse à ces rudes paroles, qui peut être : « Et maintenant ? Sommes-nous libres de croire que nous pourrons devenir quelque chose sans toi ?.. » Le petit enfant qui demande : « Est-ce que je peux ?.. » Ce n’est pas toujours pour avoir la permission mais, je pense aussi : « Dis-moi si j’en suis capable… » Et la belle réponse peut être : « Bien-sûr que tu peux ! J’en suis certain(e) !.. » Et s’il comprend après un échec qu’il avait la liberté de rater ?.. Peut-être recevra-t-il une parole encourageante : « Tu pourras ! Il faut savoir être patient, je t’aiderai ! » Ah ce n’est déjà pas simple, alors je reviens au « pouvoir » sans problème, comme celui de se procurer du plaisir en moins de temps qu&#039;il n’en faut pour sortir le formulaire de déclaration d’impôts de l’enveloppe… J’ai souvent posé la question à des personnes, pas toutes en fin de vie, mais qui devaient faire le deuil de ce qu’elles ne pouvaient plus espérer avoir. La question habituelle : « Qu’est-ce que vous regrettez de ne pas avoir eu ? Si vous pouviez recommencer ?.. » Et la réponse portait plus souvent sur ce qu’elles avaient pu avoir avant de ne plus pouvoir : « J’adorais faire du vélo, j’aurais dû en faire bien plus souvent ! » Et je me souviens même de : « J’aurais dû m’offrir sans hésiter des Coupes Danemark ! » Et moi : « Si une coupe Danemark atterrissait sur votre table de chevet demain, vous la laisseriez fondre ? » Lui : « Hah non ! Si elle est pour moi je la mange ! » Cette petite part de plaisir dans la vie n’était pas finie, mais est-ce qu’il fallait une permission pour le croire ? Au petit enfant que je cite plus haut : « Tu peux !.. Tu pourras ! » Et à ce Monsieur, j’ai préféré lui apporter sa coupe le lendemain sans lui poser la question : « Vous pouviez, vous auriez pu encore plus. Et pourquoi maintenant moins ?.. »

Est-ce qu’on peut ainsi « mourir mieux » d’avoir vécu ?.. La coupe Danemark de ce monsieur à l’hôpital me fait songer maintenant au film culte « La grande bouffe » (Ferreri). Un groupe d’amis qui chacun avait réussi à réaliser son idéal de carrière, avant de se sentir vieux vers l’âge de la retraite : Un pilote de ligne commandant de bord, un juge qui vit chez sa maman, un grand musicien… Ils mangent tout ce qui leur donne le plus de plaisir, en grande quantité, jusqu’à en mourir. Je me souviens du dernier survivant qui se fait apporter un grand pudding en forme de poitrine féminine, avant de tomber mort, le visage précipité dans le dessert. Le plaisir d’aimer et de se sentir aimé, disiez-vous. À vingt et un ans, en 1973, j’étais allé voir ce film trois fois. Et depuis lors, jusqu’à maintenant, il m’arrive parfois de manger, manger jusqu’à tuer le plaisir, pas plus. Mais j’ai aussi d’heureux souvenirs de repas au restaurant avec la femme que j’aimais, qui profitait de mon absence de cinq minutes pour commander : « Nous pendrons d’abord une fondue avec une salade verte, ensuite un steak tartare avec des frites, à la fin une meringue glacée à la crème, et après on verra… » Je revenais à la table : « C’est déjà commandé… Non je ne dis pas, ce sera une surprise ». Le serveur avait un bon sourire quand, au moment où il arrivait avec ses plats, je disais : « Oh mais !.. Est-ce qu’on pourra manger tout ça ? » Et tout à la fin, elle me disait : « Tu vois qu’on a pu ! Grâce à moi !.. » C’était bien vrai, tout ce qu’elle aimait, et moi qui n’aurais pas osé tout seul…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un pouvoir tout simple, qui se confirme quand on peut penser sans se tromper : « Oui c’est possible, sans problème… » Ce pouvoir acquis n’est peut-être pas exercé assez souvent pour « remplir sa vie de satisfactions accessibles ». Là je ne parle pas du pouvoir du président africain nommé à vie, ni du père de famille qui a fait pleurer tout le monde, et dont la voix résonne encore de longues années après son enterrement : « J’ai tout fait pour vous ! Sans moi vous ne seriez rien !.. » Réponse à ces rudes paroles, qui peut être : « Et maintenant ? Sommes-nous libres de croire que nous pourrons devenir quelque chose sans toi ?.. » Le petit enfant qui demande : « Est-ce que je peux ?.. » Ce n’est pas toujours pour avoir la permission mais, je pense aussi : « Dis-moi si j’en suis capable… » Et la belle réponse peut être : « Bien-sûr que tu peux ! J’en suis certain(e) !.. » Et s’il comprend après un échec qu’il avait la liberté de rater ?.. Peut-être recevra-t-il une parole encourageante : « Tu pourras ! Il faut savoir être patient, je t’aiderai ! » Ah ce n’est déjà pas simple, alors je reviens au « pouvoir » sans problème, comme celui de se procurer du plaisir en moins de temps qu&rsquo;il n’en faut pour sortir le formulaire de déclaration d’impôts de l’enveloppe… J’ai souvent posé la question à des personnes, pas toutes en fin de vie, mais qui devaient faire le deuil de ce qu’elles ne pouvaient plus espérer avoir. La question habituelle : « Qu’est-ce que vous regrettez de ne pas avoir eu ? Si vous pouviez recommencer ?.. » Et la réponse portait plus souvent sur ce qu’elles avaient pu avoir avant de ne plus pouvoir : « J’adorais faire du vélo, j’aurais dû en faire bien plus souvent ! » Et je me souviens même de : « J’aurais dû m’offrir sans hésiter des Coupes Danemark ! » Et moi : « Si une coupe Danemark atterrissait sur votre table de chevet demain, vous la laisseriez fondre ? » Lui : « Hah non ! Si elle est pour moi je la mange ! » Cette petite part de plaisir dans la vie n’était pas finie, mais est-ce qu’il fallait une permission pour le croire ? Au petit enfant que je cite plus haut : « Tu peux !.. Tu pourras ! » Et à ce Monsieur, j’ai préféré lui apporter sa coupe le lendemain sans lui poser la question : « Vous pouviez, vous auriez pu encore plus. Et pourquoi maintenant moins ?.. »</p>
<p>Est-ce qu’on peut ainsi « mourir mieux » d’avoir vécu ?.. La coupe Danemark de ce monsieur à l’hôpital me fait songer maintenant au film culte « La grande bouffe » (Ferreri). Un groupe d’amis qui chacun avait réussi à réaliser son idéal de carrière, avant de se sentir vieux vers l’âge de la retraite : Un pilote de ligne commandant de bord, un juge qui vit chez sa maman, un grand musicien… Ils mangent tout ce qui leur donne le plus de plaisir, en grande quantité, jusqu’à en mourir. Je me souviens du dernier survivant qui se fait apporter un grand pudding en forme de poitrine féminine, avant de tomber mort, le visage précipité dans le dessert. Le plaisir d’aimer et de se sentir aimé, disiez-vous. À vingt et un ans, en 1973, j’étais allé voir ce film trois fois. Et depuis lors, jusqu’à maintenant, il m’arrive parfois de manger, manger jusqu’à tuer le plaisir, pas plus. Mais j’ai aussi d’heureux souvenirs de repas au restaurant avec la femme que j’aimais, qui profitait de mon absence de cinq minutes pour commander : « Nous pendrons d’abord une fondue avec une salade verte, ensuite un steak tartare avec des frites, à la fin une meringue glacée à la crème, et après on verra… » Je revenais à la table : « C’est déjà commandé… Non je ne dis pas, ce sera une surprise ». Le serveur avait un bon sourire quand, au moment où il arrivait avec ses plats, je disais : « Oh mais !.. Est-ce qu’on pourra manger tout ça ? » Et tout à la fin, elle me disait : « Tu vois qu’on a pu ! Grâce à moi !.. » C’était bien vrai, tout ce qu’elle aimait, et moi qui n’aurais pas osé tout seul…</p>
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